Born To Be Me – Afro Girl

Born To Be Me.

Afro mais pas Nappy.

Voila, c’est dit.

 
J’aurais pu m’arrêter là et écrire l’article le plus court de l’année mais le sujet mérite d’être approfondi.
 
Récemment je suis tombée sur une affiche publicitaire de Marionnaud « Born to be me ».
Cette affiche m’a interpellée et m’a donné envie d’écrire cet article.
 
afro
 
« Born To Be Me » : Née pour être moi.
Cette phrase résume bien l’état d’esprit de l’Afro Girl que je suis.
Celle qui revendique sa liberté capillaire sans pour autant être assimilée à une Nappy.
 
Je n’ai absolument rien contre le mouvement Nappy , d’ailleurs on partage la même cause : « la révolution du cheveux crépus ».

 

 

Nappy  =  Acronyme de Natural et Happy

( naturelle et heureuse).

 
 
Selon moi, il n’y a rien de glorieux au fait de revenir au cheveux crépus même si le chemin à parcourir est difficile.
Je veux dire par là qu’on ne va pas vous décerner des médailles parce que vous avez décidé de devenir Nappy.
 
C’est juste un retour à ce qu’il y a de plus naturel et ça devrait être normal.
 
De plus, certaines Nappy girls sont un peu agressives dans leurs discours et approches.
Certaines n’ont aucunes indulgences envers les « autres », celles qui portent  de faux cheveux.
Elles se sont même donné pour mission de les convertir à tout prix à la Nappy religion comme si elles détenaient la vérité absolue.
Elles oublient d’où elles viennent et le chemin qu’elles ont parcouru pour en arriver là.
 
La décision et la démarche de revenir au cheveux naturel doit être personnelle et non influencée par un mouvement ou un effet de mode.
 
Quant à moi, je veux juste être moi.
Et être soi c’est commencer par s’accepter comme on est.
Le retour au naturel est un chemin périlleux car on n’oublie pas plus de 10 ans de tissages* de cheveux en un claquement de doigts.
 
Le pas vers l’Afro me fait penser à un processus de deuil.
Oui, revenir à l’Afro c’est à dire se réconcilier avec ses cheveux naturels et ses valeurs, peut être vécu comme un deuil.
Revenir à l’Afro, c’est renoncer à certaines croyances que nous impose la société en ce qui concerne les critères de beauté et la définition de la modernité.
 
Revenir à l’Afro, tout comme un deuil, est douloureux et prend du temps.
Chaque étape est importante pour la reconstruction mais on en ressort grandi.

 

 

1- Le Choc

Prendre conscience que la majorité des femmes noires portent des tissages ou des extensions de cheveux.
On réalise qu’il y a un problème quand on se rend compte que cette coiffure qui devrait rester quelque chose d’accessoire et de ponctuelle est en réalité devenu la normalité.
 
Et puis il y a le prix du paquet de cheveux naturels qui est aussi un choc.
Il se situe en moyenne entre 60 et 100 euros sachant qu’il faut en général 2 à 3 paquets pour réaliser une coiffure qu’on garde au maximum un mois.
Sans parler des conséquences de l’abus du tissage pouvant aller jusqu’à l’alopécie, de graves chutes capillaires.
 

2- Le déni

Cette étape qui consiste à renier qu’il y a un problème de fond, un problème de perte d’identité.
Pour se rassurer on se dit qu’on ne fait rien de mal et qu’en plus c’est pratique et plus esthétique.

 

3- La colère et le marchandage

Dans la phase de transition on peut être en colère.
Contre soi même car on a le sentiment d’être esclave de ce système.
Contre la société car elle a des critères de beauté qui ne valorisent pas les cheveux crépus.
Comment faire accepter sa coiffure Afro sans être marginalisé ?
Certains milieux professionnels ne laissent aucunes chances aux coiffures Afro considérées comme « trop exotiques ».
Alors on essaie de trouver des solutions à ce qui est devenu un problème en adoptant des coiffures alternatives.
 

4- La tristesse

C’est le résultat d’une prise de conscience de la gravité du problème, d’un sentiment d’impuissance face à la situation et d’une forte volonté d’assumer ses cheveux naturels (son identité).
 

5- La résignation

 C’est arrêter de lutter contre ses convictions personnelles et lâcher prise.
 

6 – L’acceptation

 L’étape décisive : accepter qui on est et redéfinir ses valeurs et ses priorités .

 

7 – La reconstruction

La phase finale.
C’est la période la plus longue finalement. Petit à petit on assume un peu plus ses cheveux crépus. On en prend soin avec plaisir.
On s’aime comme on est tout simplement.

 

En bref : tout  abus a des conséquences sur le long terme. 

Le tissage ou toutes autres techniques d’extensions de cheveux doit rester occasionnel et non définir une identité.



Mesdames, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : être féminine et sexy avec son Afro c’est possible.
A condition de trouver la coiffure idéale.
Je ne suis pas visagiste mais je pense que la coupe Afro de base n’est pas adaptée à toutes les formes de visages.
Il est plus judicieux  de trouver une coiffure  en adéquation avec la forme de son visage.
Il  existe plusieurs types de coiffures Afro, il suffit de trouver son style.
 
coiffure afro
Inna Modja
coiffure afro
Lupita Nyong’o
 
 
Pour terminer cet article, Unexpected a le plaisir de vous présenter un lookbook spécial « été » intitulé
« Sexy with my Afro »

 

Détail du Look

Combinaison Short, H&M
Bracelet, H&M
 
 
 
afro girl afro girlafro girlafro girl  
 
 * Tissage cheveux : technique de coiffure qui consiste à poser des extensions (mèches de cheveux supplémentaires) en les cousant.
 

A très bientôt pour une nouvelle Fashion Story !

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