Le Mâle by Unexpected – Alexis Peskine

 « Chocolate Never hurt nobody. »*

L’homme présenté par Unexpected a du style, est ambitieux et Ose!

En effet, ces messieurs ne sont pas adeptes du métro boulot dodo et ne répondront jamais  « nothing, ordinary » à la question « quoi de neuf » bien au contraire ils fuient la routine et font preuve d’imagination et de créativité dans le but de marquer leur génération.

Leur point commun : ils ont tous pour ambition de faire valoir les richesses d’Afrique ou d’ailleurs.

Unexpected est allé à la rencontre de ces hommes aux profils différents. De l’artiste au bobo, du financier au commercial nous saurons tout sur leurs petites habitudes et leurs secrets de beauté.

Dans notre série de « mâles » influents commençons par l’artiste.

Alexis, l’art de la métamorphose

36 ans. Artiste, plasticien et photographe. 

Comment définirais tu ton art ?

L’acu-peinture est une technique qui m’est propre. J’utilise des clous pour la réalisation de mes œuvres qui représentent des figures humaines, des corps d’hommes et de femmes noirs. C’est le fruit de mon expression. Ma manière d’exprimer l’identité  et l’expérience noire.

Alexia Peskine
« Majestueuse », Alexis Peskine

Où trouves tu l’inspiration ?

Je la trouve dans l’émotion.

C’est ma réaction à des choses qui me parlent et me touchent.

Je cherche ensuite une manière poétique de l’exprimer.

Je trouve souvent de l’inspiration dans les avions lors de mes voyages. L’avion est un endroit nostalgique, le début ou la fin d’une expérience, on a l’impression de voir sa vie. 

Plus on voyage, plus on comprend l’homme, et moins on s’identifie à un seul endroit. Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir un pied à terre partout.

Depuis quand exerces tu ce métier ? Quel est ton parcours ?

Je dessine depuis toujours. Je tiens cette passion de mes parents.

Par ailleurs, en 2003, j’ai obtenu mon diplôme de Bachelor of Fine Art de l’Université d’Howard à Washington DC, puis, en 2004, un Master of Digital Art.

En 2005, j’ai intégré l’École des Beaux-Arts du Maryland, grâce à la Bourse Fullbright ou j’ai obtenu  mon Master of Fine Art.

Étudiant, j’ai eu la chance de remporter des prix comme le Verizon HBCU et le Henessy Next Black Master compétition.

D’où te vient cette influence de la culture noire qu’on retrouve dans tes œuvres ?

J’y étais exposé depuis mon enfance. Au Brésil,  par ma mère. Il faut savoir que le Brésil est le deuxième pays comptant le plus d’Afro-descendants au monde après le Nigeria, et la ville de ma mère, Salvador, compte 90% de Noirs.

J’ai été rapidement exposé à des questions de résistance, de colonialisme, d’esclavage …du peuple Brésilien.

J’ai aussi vécu aux USA (Atlanta, Baltimore, Chicago…). Là bas j’ai découvert la culture noire américaine, je m’y suis vraiment intéressé et j’ai vécu dans ce bain culturel qui m’a tout de suite fasciné.

C’est qu’à partir de 2010 que j’ai commencé mes voyages en Afrique,  je suis allé pour la première fois en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, j’ai visité 13 pays d’Afrique. 

As-tu d’autres passions ?

Je suis passionné de musique,  de photographie, de vidéos, de voyages. J’aime découvrir de nouvelles choses.

Mais je suis avant tout fan de  la créativité du peuple noir et adepte de la « Black Excellence ».

Par exemple, la House Music, le Rnb, le gospel, le rap, même la musique électronique, sont des musiques inspirées par la communauté noire. C’est une communauté riche. Ce sont plusieurs  cultures regroupées en une seule.

Quel est ton rapport à la mode ?

Je pense qu’il est important de pouvoir s’exprimer à travers ses habits.

D’abord, j’utilise la mode dans mes œuvres.

Je crée souvent des pièces en rapport avec le thème que je souhaite aborder.

Par exemple pour réaliser l’œuvre ci-dessous  » Bana banalisés  » j’ai utilisé  des sacs appelés « sacs Barbès » pour confectionner des costumes.

Cette œuvre interpelle sur l’injustice et les difficultés que connaissent les migrants. Ces personnes qui connaissent la désillusion et le mépris alors qu’on prend tant de leurs pays.

Alexis Peskine
Bana Banalisés, Alexis Peskine
Alexis Peskine
Bana banalisés, Alexis Peskine

Pour réaliser « Aljana Moons 3 » ci-dessous, j’ai utilisé des boîtes de conserve de tomates qu’on trouve beaucoup en Afrique et des sacs de riz pour fabriquer des costumes de cosmonautes. Cette œuvre représente le rêve d’enfant, plus particulièrement l’enfance volée aux enfants « Talibés ».

Les enfants Talibés de Dakar sont donnés à des marabouts dans le but d’apprendre le coran car leurs parents ne peuvent pas s’en occuper mais ces enfants sont exploités et utilisés pour la mendicité. Ils viennent généralement de familles pauvres ou de l’étranger.

Alexis Peskine
Aljana Moons 3, Alexis Peskine

Comment définirais tu ton style vestimentaire ?

Je ne peux pas vraiment le définir car cela dépend de l’endroit ou je suis. 

J’aime les couleurs et  le mélange  contemporain / touche de motif ou de tissus tels que l’indigo pour obtenir un style moderne, africain ou européen. 

Quel est ton accessoire de mode préféré ?

Les lunettes. Je ne parle pas de lunette de soleil car cela me donne un air arrogant dans lequel je ne me reconnais pas.

Mais je dépense beaucoup d’argent à trouver des lunettes de vue funs pour parfaire mon look.

Quelles sont tes marques préférées ?

  • Jackie Di, designer Sénégalaise
  • Dress Coraçao, designer brésilien.
  • Delongenlarge.
  • Faguo, une marque de chaussures Vegan. Ils plantent un arbre à chaque chaussure vendue.  Les chaussures sont légères et en toile,
  • Superga
  • Adama Paris

Quand je peux, j’aime bien aller faire un tour à Val d’Europe notamment pendant la période des soldes Chez Givenchy, Dolce Gabbana qui font souvent des grandes tailles.

Je rencontre beaucoup de difficultés à trouver des chaussures et vêtements  à ma taille (je mesure 1m95). Du coup j’opte parfois pour du sur mesure à Dakar

Ce qui est intéressant à Dakar, c’est qu’avec un Budget de 30 000 à 50 000 fcfa on peut avoir de beaux vêtements faits mains et sur mesures.

Quel est ton secret de beauté ?

Mon Afro. J’aime mes cheveux. J’aime les cheveux naturels des noirs parce qu’ils ont une belle texture et qu’ils sont puissants et beaux.

Je me coiffe avec les doigts. J’utilise un shampoing et après shampoing de la marque TRESemmé, une crème à base de mangue de la marque Cantu et la game de produits de la marque Biokidé, dont une huile de Baobab.

Sinon je fais aussi du sport. Historiquement je pratiquais le basket quasi professionnel à l’université. Aujourd’hui c’est plus : Running, pompe, abdos et natation de temps en temps.

Et enfin quel est ton style de femme ?

Je préfère les femmes qui sont motivées par quelque chose, passionnées, actives, indépendantes et créatives.

J’aime les femmes qui ont du style, qui arrivent à s’embellir quelque soit le style : roots ou classique.

Physiquement, comme une œuvre d’art, j’aime les femmes au physique harmonieux, qu’elle soit mince ou ronde cela à peu d’importance.

Enfin, j’apprécie les femmes qui ont de l’humour, un poil sarcastique.

 

*** FIN de l’interview ***

Actuellement à Dakar, Alexis prépare avec son équipe, une de ses plus grandes expositions solo initiée par l’institut Français de Dakar. « Raft of Médusa : Le retour de la Vague ». Dans cette exposition il évoquera la triste réalité des migrants qui fuient la misère de leurs pays pour un avenir meilleur en occident.

Vous pouvez continuer à suivre l’aventure d’Alexis sur Facebook Instagram, ou via sa chaîne youtube.

Le look d’Alexis

Chemise, Pagne Indigo, Designer Jackie Di

Bracelet en boite de conserve de tomate, By lui même

Lunettes, Petite Optique à NY

Alexis Peskine

 

*Le chocolat n’a jamais fait de mal à personnes.

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